Agriculteur: le pire metier du monde

Agriculteurs_d_sesp_r_s1Il est très inquiétant que les personnes qui produisent notre nourriture se sentent mal au point ou le taux de suicide y est extrêmement élevé. On consomme chaque jour ce qu’ils produisent, mais combien de fois par mois (voir par an) les voit-on, leur parle-t-on? Un agriculteur ou un éleveur qui pense a se suicider, produit-il des aliments sains? On sait aujourd’hui que les végétaux et les animaux sont influencés par l’état psychologique des humains qui les entourent.
A l’instar de la fabrication de vêtements dans le Tiers-monde, les consommateurs sont au courant (a peu près) de la misère dans laquelle les agriculteurs (qui cultivent nos fruits et légumes) et les éleveurs (qui produisent les bêtes dont sont issues nos blancs de poulet et steaks de bœuf) se trouvent. Pour rien au monde le consommateur lambda n’aimerait être a la place de l’agriculteur ou de l’éleveur.1455721535_B97842309Z.1_20130805144603_000_G2F13DOQU.1-0

Le consommateur ne veut pas payer plus pour permettre aux agriculteurs et éleveurs de vivre dignement, car les intermédiaires sapent entre 20 et 40 % du prix de vente (pour les produits Européens)?

Que ton aliment soit ton médicament, alors dans ce cas le consommateur et le patient ne veulent-ils pas le meilleur produit/médicament? Sommes-nous prêts a sacrifier un/deux citytrips par an pour une nourriture plus saine et des éleveurs/agriculteurs épanouis?

Les Trente glorieuses portaient bien leur nom pour les fermiers : énergie peu chère, problèmes environnementaux peu connus, législation peu contraignante… Surtout, leur mission sociale ne souffrait d’aucune ambiguïté. Au lendemain de la guerre, il leur était simplement demandé de nourrir à sa faim la population française, un défi qu’ils relevèrent avec brio. Et puis patatras, le destin se retourna comme un champ derrière une laboureuse. Depuis une bonne dizaine d’années les agriculteurs sont la proie d’une crise d’identité, nous explique Florence Pinton, professeur en sociologie à l’école AgroParisTech. Thierry Pouch, économiste, enfonce le clou en évoquant la volatilité des marchés mondiaux (prix des matières premières, des intrants, etc.) dont dépend l’activité agricole, et rappelle que le revenu des céréaliers devrait baisser de 50% dans l’année qui vient…

Une information que n’ignore pas Rémi Duméry, qui fait pousser du maïs et du blé dans la Beauce. Mais dans sa misère, Rémi ne se sent pas seul : « Presque tous les secteurs de l’agriculture sont déficitaires à présent, la faute aux marchés mondiaux qui évoluent très vite, alors que l’agriculture doit suivre le cycle des récoltes. » Bref. En 2015, l’équation semble impossible à résoudre…

Une équation que les pouvoir publics équilibrent du mieux qu’ils peuvent à l’aide de subventions, qui pèsent pour plus de moitié dans la balance économique des agriculteurs. Une aide providentielle qu’ils vivent aussi comme une souffrance. Jean-Baptiste Galloo, éleveur dans les Yvelines, déplore que le bas-coût des denrées alimentaires soit un choix politique, duquel émerge une agriculture « sous assistanat » très culpabilisante. « On préférerait vivre de notre produit« , rappelle-t-il comme une évidence. Les autres intervenants signalent que d’autres secteurs d’activité sont particulièrement subventionnés sans pour autant avoir cette image de poids mort : l’aéronautique ou les transports publics par exemple… D’où le sentiment d’injustice que vivent les agriculteurs. « Cela contribue vraiment à en faire le pire métier du monde« , affirme Jean-Baptiste.

Métier pénible, mal rémunéré, mal considéré… Le problème du suicide dans le monde agricole s’immisce dans la conversation comme un inévitable poison. Les deux agriculteurs présents dévoilent les racines très intimes de leurs spleens personnels qui, heureusement, demeurent passagers. Florence Pinton se saisit de leurs tourments et les intègrent dans une perspective sociologique plus globale : « Un taux de suicide qui augmente annonce une forme de désintégration sociale. » Il semble urgent de réintégrer les agriculteurs dans une communauté de destin partagée par la population dans son ensemble…

Source: http://blog.laruchequiditoui.fr/agriculteur-le-pire-metier-du-monde/

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