Le Bio, attention!

SKY20111118113413mostinckxePas tous les Bio se valent. Habituellement, au plus éloigné la source du produit, au plus élevé le risque de fraude sur les labels Bio. De surcroît, la majorité des produits Bio que l’on retrouve dans les supermarchés viennent de productions industrielles passées au Bio. Mais quel Bio! De la monoculture tout aussi intensive qu’en agriculture conventionnelle, des graines hybride F1, une régulation au niveau de la forme et de l’homogénéité de la couleur, une absence de l’utilisation de fumier ou de compost naturel vivant pour nourrir le sol (qui à son tour nourrit la plante).

Les labels (sans tenir compte des fraudes) sont un gage de non-nocivité, pas un gage de qualité! Des tomates produites conventionnellement et en agriculture Bio industriel ne seront pas forcement différentes en leur qualité nutritive. Par contre la tomate Bio ne sera pas nocif grâce à absence de produits phytosanitaires (de nouveau sans tenir compte des fraudes).

Pour les produits dont il existe des équivalents locaux (tomates, pommes de terre, etc.), préférez le Bio locale. En parallèle, achetez des produits de paysans locaux, même s’ils ne sont pas labellisés Bio. Ils sont au niveau nutritif certainement meilleurs que le Bio industriel puisque les paysans cultivent une variété de plantes ce qui donne une grande biodiversité au sol. Certains font mieux que le Bio, le bio-dynamisme, sans label. D’autres ont une utilisation minimale de produits phytosanitaires.

En Europe, les produits bio génèrent
21 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Un succès qui s’est accompagné
d’une forte industrialisation des modes de production.
Quant aux idéaux du commerce équitable,
ils sont battus en brèche
par ceux qui rémunèrent la main-d’oeuvre à vil prix.
Enquête sur un business
qui n’est pas exempt de pratiques scandaleuses.

En Roumanie, de gros investisseurs rachètent les terres de petits paysans
pour pratiquer sur des milliers d’hectares des cultures et de l’élevage “bio”,
notamment de brebis alimentées l’hiver avec du maïs transgénique.
En Thaïlande, des crevettes “bio” élevées dans des fermes géantes
consomment de la nourriture industrielle
et sont en contact avec des produits chimiques.
En Chine, des élevages de dindes et de poulets
ne doivent leur étiquette “bio” qu’à un trafic illégal de documents.
En Espagne, des tomates “bio” poussent à côté de champs
en culture intensive généreusement arrosés de produits phytosanitaires…

L’enquête de Christian Jentzsch montre
que l’explosion de la demande en produits bio
a conduit à une industrialisation systématique des modes de production.
Dans nombre de cas, celle-ci s’opère au détriment
de l’environnement, des petits agriculteurs et de la qualité des produits.
Car, de plus en plus, ce sont de grands groupes internationaux
ou la distribution discount qui contrôlent le bio.
Ici comme ailleurs, la loi du marché s’est imposée.
Une situation rendue possible par la multiplicité des organismes de certification
(plus de cent labels et marques bio rien qu’en Allemagne),
par la négligence d’ONG parfois peu regardantes
et par une réglementation européenne finalement peu contraignante.
Quant aux idéaux du commerce équitable portés par les premiers adeptes du bio,
ils sont battus en brèche par ceux qui rémunèrent la main-d’œuvre
— paysans locaux, voire immigrés sans-papiers —
à vil prix.

Source: ARTE

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s