Cabale: L’abattage rituel (I)

poulets_chaine_arretLa fête du sacrifice étant passée, il est temps de méditer sur la cabale autour de l’abattage rituel. L’objectif de cette cabale est clair: faire disparaître le rituel de l’abattage lors de la fête du sacrifice. Au nom du bien-être des animaux, le ministre Flamand Ben Weyts compte complètement interdire l’abattage rituel. Il considère notamment que dans une société civilisée, il n’y a pas de place pour cet acte “barbare”. Alors analysons comment cette société occidentale civilisée traite les animaux.

Voici ci-dessous une citation de Claude et Lydia Bourguignon (Le sol, la terre et les champs).

Dans la société occidentale, l’animal se maintient comme source de plus en plus anonyme de nourriture, et comme compagnon de plus en plus névrotique du citadin. L’homme moderne ne veut plus reconnaître l’animal qu’il mange; il le veut anonyme, sous forme de barquette, de croquette, de viande hachée et de sandwich. Il ne veut plus voir le sang, il ne veut plus rien savoir du combat de la vie, les bêtes abattues, froidement, rapidement, hygiéniquement, et presque sans douleur. Pas de traces du meurtre, juste une angoisse qui se lit dans les yeux des bêtes numérotés qui partent en camion vers la mort. Juste cette diarrhée de panique qui coule sur les flancs de ces bêtes suspendus qui entendent le sifflement de la scie qui va leur trancher la gorge et qui sentent l’odeur de la merde et du sang qui giclent sur les parois en céramiques du couloir d’abattage. Plus de fêtes du cochon. L’animal ne nous offre plus sa vie dans la fête, il meurt en silence, dans l’indifférence, sans que jamais quelqu’un ne l’ait reconnu, ne lui ait donné la valeur et l’attention que mérite tout être vivant.

Ainsi, on peut constater que nous sommes bien loin de se soucier du bien-être des animaux. Il faut se rendre compte que ceux qui priment dans le traitement des animaux sont la maximalisation du profit, l’homogénéisation et l’industrialisation de notre production alimentaire.

Par ailleurs, dans ce paragraphe ci-dessus n’est pas abordé le traitement des bêtes avant le transport vers l’abattoir. Le calvaire qu’elles vivent est scandaleux, honteux pour une civilisation qui se dit humaniste et avancée.

Les bêtes ne sont que des numéros, mis au monde par insémination artificielle (pas de place pour l’amour) . Dès leur naissance, elles sont piquées par des antibiotiques et des cocktails de médicaments pour qu’elles ne meurent pas. Évidemment, on les séparent de leurs mères (pour les vaches, brebis et chèvres: interdiction d’allaiter le petit, il sera nourris au plâtre), ils vivront peu longtemps (il vaut mieux qu’elles grossissent rapidement pour les vendre et les remplacer), ne verront (presque) jamais le jour, sont entassées dans des fabriques qui puent la mort et sont remplies de germes pathogènes. L’humain qui s’y aventure est tenu de porter une combinaison et un masque. Les conditions sont tellement difficiles qu’elles se mutilent entre elles. Leur nourriture contient des antioxydants, arômes, émulsifiants, conservateurs, colorants et des appetants synthétiques. La plupart reçoivent du soja transgénique (OGM) venue de l’Argentine ou des États-Unis..

Il ne se passe maintenant plus une année sans qu’il n’y ait un problème de vache folle, de peste porcine, du virus sur le saumon, ou de grippe du poulet.  A chaque fois la réponse est la même” subtile” délicate, digne d’une civilisation évoluée comme la notre: le massacre.

Ce n’est pas juste une question d’éthique d’abattage mais aussi d’éthique d’élevage des bêtes qui nous servent de nourriture. Le boycott devrait s’étendre à toute viande élevée et abattue industriellement. Ainsi, nous ne serions pas seuls dans ce combat, puisque cela concerne également les paysans et beaucoup de gens soucieux du bien-être des animaux et de la qualité de la viande que nous consommons. De nombreuses personnes voudraient faire quelque chose mais ne savent pas quoi ou comment s’organiser de façon sérieuse et efficace. Montrons que nous, Musulmans de Belgique, nous savons le faire. Nous l’avons déjà démontré, toute proportion gardée, avec le boycott de l’abattage du sacrifice.

Petite critique toutefois: même si ce dernier boycott était positif, il a néanmoins contribué à la faillite d’éleveurs paysans dont on a besoin pour le prochain Grand boycott. En attendant, la Providence.

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